Le secret pour faire ce que vous aimez

Rédigé le 29 septembre 2017 par | Démarrez votre entreprise Imprimer

Cher lecteur,

« Je suis venu à Los Angeles parce que j’écris des films, me dit le chauffeur Uber. J’ai écrit un scénario sur les enfants des ghettos qui tentent de survivre. »

On n’avait parcouru que quelques pâtés de maisons. Je n’avais pas envie de faire d’effort et je n’étais pas d’humeur à marcher.

« Jusqu’à maintenant, je n’ai obtenu qu’un rendez-vous, à la CAA, vous connaissez ? » Il me regarda dans le rétroviseur.

Je répondis oui.

« Mais mon manager m’a décroché un rendez-vous chez Paradigm, poursuivit-il, tout espoir n’est pas perdu. Je travaille chez Uber pour me faire de l’argent, en attendant que mon film soit réalisé.

– Au lieu de travailler pour Uber, puisque vous avez un manager, pourquoi n’essayez-vous pas d’écrire pour la télé ? » répondis-je.

Seuls quelques films sont réalisés chaque année, mais maintenant que Netflix, Amazon, Hulu et même Apple font de la programmation originale, les possibilités pour le petit écran sont énormes.

« Oui, c’est vrai, dit-il, j’ai même un contact chez [je ne me souviens plus le nom de l’émission] qui m’a dit qu’ils me recruteraient sur-le-champ. Mais mon cœur appartient au cinéma. Je ne ferai que du cinéma. »

BOUM ! Raté. « Cinéma. »

Je suis désolé pour lui.

J’ai une amie qui est DJ. Mais elle ne gagne pas d’argent. Elle travaille sur sa musique, mais également dans un magasin de vêtements, pour gagner sa vie.

Un jour, je lui ai dit : « Pourquoi ne proposes-tu pas tes services pour des mariages ou dans des bars ? Fais-toi connaître pour que les gens puissent trouver ta musique. Tu peux aussi jouer ta propre musique et si tu participes à de nombreux événements, tu pourrais bien rencontrer quelqu’un qui te fera passer au niveau supérieur. »

Elle travaille sur sa musique depuis presque 20 ans.

Elle m’a répondu : « Je veux jouer ma propre musique, rien d’autre. Si je mixe dans un mariage, je suis obligée de passer d’autres musiques. »

BOUM ! Raté. « Rien d’autre ».

Je suis désolé pour elle.

Je n’émets aucun jugement, ils travaillent dur pour essayer de faire ce qu’ils aiment.

La clé réside dans la compréhension de ce que représente « l’art de la transition« .

Il ne s’agit pas simplement de se lancer, travailler dur, réussir et clap de fin.

Il s’agit plutôt de prendre chaque chose, de l’amener jusqu’à la suivante, de répéter et de réussir.

Jesse Itzler, qui a participé à l’un de mes podcasts juste après avoir écrit son livre Vivre avec SEAL, était un rappeur du début des années 1990.

Son nom de scène était Jesse Jaymes. Allez voir la vidéo de sa chanson Shake it Like a White Girl.

À cette époque c’était Jesse contre Vanilla Ice et, d’une certaine façon, Ice est sorti vainqueur. Ou pas, qui peut en juger ?

Mais Jesse Itzler ne voulait pas rester sur un échec.

Alors il s’est mis à faire et à produire des chansons pour des équipes de sport. Il a créé une entreprise rien qu’en écrivant des chansons à thème pour le monde du sport. Aujourd’hui, dès que vous rentrez dans un stade, c’est sa musique que vous entendez.

La vente de cette entreprise lui a rapporté des millions. Ensuite, il a créé la société Marquis Jets, avant de la vendre des millions à Berkshire Hathaway.

Il a exploité les possibilités offertes par ce qui représentait un intérêt, puis un autre, puis encore un autre. Il possède désormais Atlanta Hawks et je suis certain que s’il voulait se remettre au rap, il serait capable de le faire.

Pour autant, a-t-il abandonné ses rêves ? Non, il VIT ses rêves.

Au début des années 1990, j’ai écrit quatre romans qui n’ont jamais été publiés. J’ai aussi dû écrire une centaine de nouvelles. J’envoyais entre 20 et 30 propositions par jour à des agents, des éditeurs, des journaux littéraires, partout dans le monde.

J’ai obtenu cent pour cent de refus, des centaines de refus. Et je ne trouvais rien de mieux à faire que de retapisser ma chambre avec ces lettres de refus. J’étais tout simplement déprimé, je me sentais exclu.

Mais je me suis dit : il faut que ces échecs me servent à quelque chose. J’ai trouvé un boulot chez HBO, j’ai tenté de décrocher des apparitions dans des émissions télévisées.

Là encore, la réponse a été « non », « non », et encore « non ».

OK. J’en ai profité pour créer une entreprise de développement de sites Internet. Ma cible : le monde du spectacle.

HBO a été mon premier client. Ensuite, il y a eu Miramax, Universal, BMG, Sony, NewLine, People, etc.

J’ai vendu cette entreprise des millions.

Je me suis alors lancé dans la finance. Finalement, j’ai commencé à écrire sur la finance. J’ai créé une autre entreprise dans ce secteur et bon nombre de mes écrits furent utilisés. La vente de cette entreprise m’a rapporté des millions.

J’ai créé une autre entreprise, puis encore une autre. Dix-huit livres plus tard, je viens de commencer à écrire un nouveau roman.

Un agent m’a récemment dit : « Vous avez vraiment un don pour la fiction. Vous devriez vous concentrer sur ce domaine. Nous vous représenterons. »

OK, je vais le faire.

Les transitions sont le mot d’ordre.

Il n’y a pas de : « J’adore telle ou telle chose, alors passons les étapes A, B, C et le succès est garanti. »

Il n’y a aucun début, aucun milieu et aucune fin où la « fin » équivaut au succès. Ce genre de choses n’arrive que rarement dans la vraie vie, excepté peut-être pour deux personnes : Larry Page et Bill Gates ; deux sur des milliards.

J’aurais aimé être comme Larry Page, peut-être que je suis jaloux de lui.

Voici comme cela se passe :

FIN. Beaucoup d’amertume à la fin. Fin tragique. Fin perturbante. « POURQUOI ? » et FIN.

MILIEU. Confusion. Brouillard. « Et maintenant que dois-je faire ? » Des idées, une dépression, le brouillard, des mauvaises idées les unes à la suite des autres et enfin une bonne idée.

Au milieu, vous prenez ce que vous avez déjà fait, vous y apportez une légère modification, vous l’essayez de différentes manières. Vous bossez dessus.

… DÉBUT. Les semences ont été plantées afin de récolter de nouvelles choses. Tout a été généré en combinant les idées que vous avez aimées.

Succès. Répétition.

Ne vous sous-estimez pas en vous limitant à une seule chose. Sinon, vous devenez l’esclave d’un futur que vous ne pouvez pas prévoir.

Si Jesse Itzler avait fait ça, il ferait sans doute encore des vidéos de rap sur Youtube dans la cave du domicile familial.

Si j’avais fait ça, j’écrirais encore probablement des torchons et je résiderais dans un centre pour SDF à Pittsburgh.

Si Ev Williams avait fait ça au lieu de lancer Twitter, il travaillerait encore pour une plateforme de podcasteurs.

Respectez le concept de « transition ».

Finir, être dans le brouillard, commencer. Dans les films, ce sont les scènes de brouillard qui contiennent le plus de suspense, elles nous tiennent en haleine.

J’espère que mon ami qui travaille chez Uber s’en souviendra.

James Altucher

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James Altucher
James Altucher
Editeur des Dossiers d’Altucher

Je suis entrepreneur, Business Angel et éditeur des Dossiers d’Altucher. Aux échecs, on m’a décerné le titre de Maître. Je suis l’auteur des livres Réinventez-vous, et Choose Yourself, best-seller du Wall Street Journal.

J’ai créé 20 sociétés, dont 17 ont fait faillite. Mais j’ai énormément appris en chemin. Si vous vous êtes déjà retrouvé coincé à faire un travail que vous détestiez, à vivre dans une maison au-dessus de vos moyens, à déprimer, etc. – je veux vous aider. Pourquoi ? Parce que je sais. Parce que cela m’est arrivé. Et parce que veux vous raconter comment je me suis libéré, pour que vous aussi, peut-être, vous puissiez vous libérer.

Il y a plusieurs années, j’ai pensé que j’étais au sommet de la réussite. Comme j’avais gagné énormément d’argent, je me suis acheté le plus vaste appartement de New York. Il me fallait une échelle pour atteindre mes bandes dessinées. Je prenais l’hélicoptère pour aller à Atlantic City et je jouais au casino 48 heures d’affilée, complètement ivre. Je n’avais jamais possédé autant d’argent auparavant. J’avais tout ce que j’avais imaginé pouvoir désirer. Et puis j’ai tout perdu. (C’est une longue histoire, je vous la raconterai plus tard). Il fut un temps où je perdais un million de dollars par semaine… En quelques mois à peine, mon compte en banque est passé de 15 M$ à 143 $. En plus, j’étais en plein divorce. J’ai dû vendre mon appartement. Je n’avais aucun endroit où habiter, pas de travail, et aucun ami vers qui me tourner. Je n’avais rien. J’ai sombré dans une horrible dépression. La plupart du temps, je n’arrivais pas à me secouer.

Et puis j’ai commencé à me rendre compte de quelque chose : la réussite, dans le monde d’aujourd’hui, ne survient QUE si vous vous prenez en main. Si vous vous prenez en main pour être heureux, et pour être libre. Car si vous ne vous prenez pas en main, quelqu’un d’autre s’en charge, et le résultat n’est pas plaisant. Lorsque j’ai commencé à le comprendre, peu à peu, j’ai commencé à me secouer. C’était il y a de nombreuses années, et beaucoup de choses se sont passées depuis. A présent, je fais chaque jour ce que j’adore. J’écris des livres qui signifient quelque chose pour moi et je partage mes réflexions dans Les Dossiers d’Altucher. J’arrive à interviewer des gens incroyables sur mon podcast « The James Altucher Show ». Et tout cela s’inscrit dans le cadre de ma plus belle mission : aider les autres à se prendre en main, eux aussi.