La technologie peut-elle vraiment vous aider à mieux dormir ?

Rédigé le 19 septembre 2017 par | Gestion du temps, Productivité Imprimer

Cher lecteur,

Nous consacrons un tiers de notre vie à dormir. Dans notre vie personnelle et professionnelle, la qualité de notre sommeil influe inévitablement sur notre réussite.

Mark Ford le sait plus que quiconque, lui qui a consacré un essai et un dossier complet sur le sujet au sein du Club des Créateurs de Richesse.

« En dehors du travail, c’est probablement la chose la plus importante (en temps) à laquelle vous vous consacrez. Passer une merveilleuse nuit de sommeil, c’est quelque chose que nous désirons tous. Et pour de bonnes raisons : des études démontrent que les personnes qui dorment bien sont en meilleure santé, plus heureuses, et même plus riches que celles qui ont le sommeil agité. »

Souvenez-vous, vendredi dernier, il nous encourageait également à devenir des lève-tôt.

Qui aurait pu imaginer il y a 10 ans que dormir deviendrait aussi complexe ? Alors qu’aujourd’hui, notre sommeil peut être étudié sous toutes les coutures

Voilà le problème : on entend ici et là que les nouvelles technologies nuiraient gravement au sommeil. Alors, prenant le contre-pied de cette affirmation, les fabricants de high-tech ont développé quantité d’outils censés rendre vos nuits plus belles.

Que valent-ils ? Voici un tour d’horizon.

Laissez-vous porter par les bras de Morphée

Certains soirs, s’endormir peut relever du véritable chemin de croix. Qu’il s’agisse de stress, d’un dernier café qu’il n’aurait pas fallu prendre ou juste du sommeil qui ne vient pas, cela peut vite tourner au cauchemar pour 20 à 30% des Français, qui souffriraient régulièrement d’insomnies…

Il est petit, il est léger, il est blanc et il s’appelle Dodow. Son but ? Vous aider à vous endormir, en projetant une lumière sur votre plafond pour réguler votre respiration. Le Dodow peut s’utiliser à deux endroits : sur votre ventre ou sur une table de chevet. Son poids plume lui permet de ne pas vous déranger dans le premier cas ; dans le deuxième, sa taille et son design épuré l’aideront à passer inaperçu dans la plupart des décorations.

La surface supérieure est entièrement tactile. Il s’agit en fait d’un seul bouton, ce qui peut paraître superflu à première vue mais est diablement utile lorsque l’on est en train de s’endormir. Il sert à allumer les trois LEDs bleues présentes au sommet, qui serviront à diffuser la fameuse lumière censée vous endormir.

Autre détail bien pensé : le Dodow dispose de deux cycles d’utilisation : un de 8 minutes et un autre de 20 minutes, après quoi il s’éteindra tout seul. Pratique si vous vous êtes endormi entre temps.

Le Dodow peut s’utiliser seul, mais ce serait passer à côté de la moitié de ses fonctionnalités. En effet, le site de Dodow permet l’accès à une plateforme de suivi délivrant des explications sur les cycles de sommeil et d’autres conseils pour préparer votre nuit :

Selon les problèmes dont vous souffrez (insomnies, des pensées plein la tête, des réveils en pleine nuit), la plateforme vous informera des raisons physiques de vos troubles ainsi que de la manière d’y remédier.

Le Dodow est fourni avec un manuel illustrant plusieurs exercices de relaxation. Si la simple utilisation de la lumière ne vous suffit pas, c’est l’occasion de vous y intéresser. Pour les adeptes de sophrologie, les exercices proposés risquent d’être familiers. Il ne répondra peut-être pas aux besoins de tout le monde, mais ses conseils personnalisés et sa facilité d’utilisation ne feront en tout cas pas de mal à ceux en quête de relaxation. Créé par quatre Français, cet appareil, vendu à seulement 49 € en ligne, est une bonne alternative aux médicaments.

On vous promet un réveil en douceur !

Les simulateurs d’aube sont bénéfiques, car l’endormissement et le réveil dépendent de l’horloge biologique, elle-même synchronisée par la lumière essentiellement. Mais encore faut-il ne pas tourner le dos à sa table de nuit… Vous l’aurez compris : rien ne remplace une bonne exposition à la vraie lumière du matin !

Les marchands de sable numériques ont développé de nouveaux outils vous promettant de vous réveiller au bon moment en fonction des phases de sommeil. Des applications, et maintenant des objets connectés ultra sophistiqués, analysent vos cycles, tout en mesurant les éventuels perturbateurs du sommeil comme le bruit, la température, les mouvements corporels… Il ne vous reste plus qu’à enregistrer une heure à laquelle vous souhaitez vous réveiller et l’alarme de votre téléphone trouvera le timing parfait pour se mettre en marche.

Dernier né des réveils 2.0, Aura de la société Withings se présente donc comme un recours idéal. Outre la variété de lumières qu’il propose, il se veut une synthèse de tous les gadgets existants.

Radio tactile, réveille-matin en fonction de vos phases de sommeil, il enregistre aussi vos mouvements corporels, votre rythme cardiaque et vos cycles de respiration via un capteur glissé sous votre matelas, pendant qu’un autre appareil analyse votre environnement (bruits qui vous entourent, température de la pièce, luminosité). Il inclut aussi des programmes de relaxation s’il vous prend l’envie de faire une petite sieste.

Dernier point positif : celui-ci n’émet aucune onde pendant la nuit. Il attend votre réveil pour se synchroniser avec votre smartphone. Il permet un réveil en douceur grâce à la lumière bleue et des musiques dédiées au meilleur moment de votre cycle de sommeil. Il vous en coûtera cependant entre 250 et 300 €.

C’est une solution intéressante certes, mais pour ce que j’appellerais les « bons dormeurs ». Une bonne nuit n’est pas seulement une question de cycles… ce serait trop simple ! Si vous faites partie de ceux qui n’ont pas un bon sommeil, aucun intérêt de vous réveiller au « bon moment », dormir un peu plus est plus profitable.

La quête du sommeil parfait est en marche

Dans la valse des objets intelligents en quête du sommeil parfait, j’en retiendrai deux emblématiques : Circadia et Dreem.

Circadia, un nouveau venu sur le marché, a l’intention de se faire une place au soleil grâce à des technologies inspirées de la NASA.

Il s’agit d’un duo d’appareils qui fonctionnent en synchronisation.

À noter qu’il intègre aussi une option spécifique contre le jetlag et semble donc être un produit particulièrement adapté pour les personnes qui voyagent beaucoup et ont du mal à se remettre du décalage horaire.

D’après l’entreprise, l’objet commence à avoir un effet notable sur la qualité de votre sommeil au bout de 3 à 5 jours. Il fournit aussi des conseils pour la vie quotidienne.

Comptez 99 $ si vous souhaitez seulement la lampe, 129 $ si vous souhaitez seulement le tracker et 189 $ pour le combo. Le prix final de celui-ci sera de 269 $. Les livraisons sont prévues à partir d’avril 2018 dans le monde entier.

Quant au bandeau Dreem, il surveille, analyse et améliore le sommeil. Ses promesses : un endormissement plus rapide, un sommeil plus profond et un réveil frais qui garantit d’être performant toute la journée.

Le bandeau amovible, léger et lavable qui se place sur la tête au moment du coucher bénéficie d’une technologie avancée de capteurs permettant de suivre et d’analyser l’activité cérébrale en temps réel, de mesurer le rythme cardiaque et la respiration, mais aussi de caractériser les différentes phrases de sommeil afin d’envoyer des impulsions sonores par conduction osseuse.

Pas besoin de mettre des écouteurs pour les entendre, elles passent directement par la boîte crânienne, un peu comme quand on se bouche les oreilles et qu’on entend sa voix. La personne qui dort à vos côtés n’entend rien. En plus, le casque est autonome : pas de Bluetooth ni de Wi-Fi. Mais le sommeil a un prix : 399 €.

Soyez pragmatique avant d’être technique

Bracelet, réveil, capteur, application mobile : rien ne semble avoir été oublié.

Rien de miraculeux dans tout cela : la qualité du sommeil varie tout au long de la vie, en fonction de l’environnement, de l’alimentation, du stress… et aussi de votre capacité à gérer votre addiction aux écrans.

Les appareils connectés pour mesurer votre sommeil vous promettent beaucoup de choses, mais attention, nous sommes dans un univers purement commercial, où la santé et la recherche sont les faire-valoir de ces systèmes.

Les objets connectés évaluant le sommeil manquent de fiabilité et risquent de pousser vers une quête excessive du « bien dormir » : le Pr Kelly Glazer Baron et ses collègues de l’université Northwestern de Chicago (États-Unis), qui abordent ce problème dans le Journal of Clinical Sleep Medicine, proposent le terme nouveau d’orthosomnie pour qualifier cette quête d’un sommeil tellement parfait qu’elle en devient obsessionnelle.

Trois habitudes à prendre dès maintenant

Avant de songer à vous offrir ces outils technologiques dont les vertus ne manquent pas, commencez par appliquer les trois recommandations suivantes.

L’exposition à la lumière des écrans d’ordinateur, des téléviseurs ou encore des tablettes retarde l’endormissement. Les écrans émettent, via leurs LEDs, une lumière riche en bleu, à laquelle la rétine est sensible. Or les photorécepteurs de la rétine ont un rôle majeur dans la synchronisation de l’horloge biologique et la régulation du sommeil.

Une exposition à un écran, même brève, en début de nuit, provoque un retard de l’horloge biologique, qui devient incapable d’assurer les conditions d’un endormissement rapide et d’un sommeil réparateur. Sans compter que vous vous exposez moins à la lumière naturelle… Pour éviter ce déphasage, je vous conseille de supprimer toute exposition à un écran dans les deux heures qui précèdent le coucher.

En cas de somnolence, faire une sieste de moins de 30 minutes, en début d’après-midi, permet de maintenir votre vigilance pendant le reste de la journée.

Dans son guide Bien dormir, mieux vivre, l’Inpes (Institut national de la prévention et d’éducation pour la santé) indique qu’« après le déjeuner, une sieste permettrait de réduire les risques d’accidents de la circulation ou de travail, améliorerait la mémoire, libèrerait la créativité, dissoudrait le stress, rééquilibrerait le fonctionnement du système nerveux et serait bonne pour la digestion et le coeur ». Ce guide est téléchargeable sur le site de l’Inpes.

C’est l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) qui l’affirme :

Tout cela vous aidera à mieux dormir.

La technologie pourrait ensuite vous apporter une aide complémentaire.

Bon repos !

Anne Dassier

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