Si vous traversez l’enfer, continuez d’avancer – Le mythe de la réussite facile

Rédigé le 25 juillet 2017 par | Clés du Succès, Mindset Imprimer

 

« Pour mes 40 ans, a récemment écrit James Altucher sur son blog, l’un de mes amis a organisé une fête pour moi. Ma femme n’était pas là. Mes filles n’étaient pas là. Mes amis n’étaient pas là.

Seul l’ami qui avait « organisé » la fête était présent. Il avait invité tous ses amis et sa petite amie. Ils ont tous fêté mes 40 piges. Je ne connaissais personne. Je n’ai quasiment parlé à personne de toute la soirée. J’ai payé la facture.

Un an plus tard, je n’avais plus rien. Même cet ami qui avait organisé la soirée a, comme par hasard, oublié que je lui avais prêté de l’argent lorsqu’il était fauché et il a disparu. »

Les gens qui réussissent donnent l’impression que ça a toujours été facile.

James Altucher fait partie des gens qui ont réussi, mais cela n’a pas toujours été le cas. Il revient parfois sur son parcours et sur la manière dont il a réussi à se délivrer des démons qui auraient pu avoir raison de lui. Son expérience nous permet surtout de tordre le cou aux mythes qui entourent la réussite.

Trop souvent, on nous fait croire que l’argent arrive en claquant des doigts, que certains ont de la chance et d’autres pas, tout simplement…

On nous raconte moins les difficultés, les échecs, les années de labeur parfois, que certaines de ces personnes ont dû endurer avant d’y parvenir. Les nuits à cogiter, les sacrifices, les larmes, les coupes sur les dépenses mensuelles… Et la tentation de tout laisser tomber et de trouver un « vrai travail », stable et sécurisant.

Tout cela, on le raconte moins.

Voici de bonnes nouvelles.

Peu importe ce que vous faites, ce sur quoi vous travaillez, où vous en êtes dans la vie, c’est toujours réconfortant de penser que chaque personne qui a réussi, même les plus grands milliardaires, a été, d’une façon ou d’une autre, dans la même situation que vous.

Alors persistez. Churchill a dit : « Si vous traversez l’enfer, continuez d’avancer. »

Pour vous en convaincre aujourd’hui dans Provoquez votre réussite, découvrons ou redécouvrons la célèbre histoire de la « serviette à 100 000 dollars » de Picasso. Et c’est Charles Chu, notre collaborateur américain, qui va nous en parler.

La réussite du jour au lendemain est un mythe, déclare Chu. Et c’est une bonne nouvelle pour chacun d’entre nous.

Par Charles Chu

Un jour, un homme interrompit Picasso alors qu’il dînait. En tirant une serviette de sa poche, l’homme déclara :

« Pourriez-vous me faire une ébauche ? Je vous rémunérerai. Donnez-moi votre prix. »

Voici le reste de l’histoire, racontée dans l’ouvrage Creating the Vital Organization :

Picasso sortit un fusain de sa poche et fit un rapide croquis d’une chèvre. Il ne lui fallut que quelques coups de crayon, mais c’était incontestablement un Picasso. L’homme tendit la main pour récupérer la serviette, mais Picasso ne la lui rendit pas.  « Vous me devez 100 000 dollars, dit-il.

L’homme fut scandalisé.

– 100 000 dollars ? Pourquoi ? Il ne vous a pas fallu plus de 30 secondes pour faire ce dessin !

Picasso froissa la serviette et la remit dans la poche de sa veste.

– Vous vous trompez, dit-il en congédiant l’homme. Cela m’a pris 40 ans ».

L’erreur de l’homme en colère consistait à ne pas avoir conscience de l’invisible.

Le visible et l’invisible

Regardez ces deux photos :

MyJobCompany

Combien de secondes se sont écoulées entre chacune d’entre elles ?

Quelques secondes seulement.

C’est juste le temps qu’il a fallu à Lu Xiaojun pour soulever 175 kilos (plus de deux fois son poids) au-dessus de sa tête et, les bras tremblants, parvenir à tenir la barre pendant quelques précieuses secondes…

Ces quelques secondes qui lui ont permis de conserver le record du monde.

Il ne lui a fallu que quelques secondes pour soulever cette barre. Mais personne ne considère la réussite de Xiaojun comme une chose « aisée ». Nous savons tous les efforts qu’il a dû fournir pour en arriver là.

Pourtant, quand cela nous touche, nous l’oublions parfois.

Les entreprises qui percent

Au premier trimestre 2012, une petite entreprise appelée Rovio avait fait parler d’elles dans les médias spécialisés.

Elle venait de bénéficier d’un financement de 32 millions de dollars pour l’un de ses jeux mobiles. Le nom du jeu ? Angry Birds.

Pour le Wired Magazine :

Chaque jour, les utilisateurs passent 200 millions de minutes (16 ans par heure) à jouer à ce jeu mobile. Trois milliards de cochons ont été lancés. Le jeu a comblé des milliards de ces petits moments passés dans le bus, dans l’avion ou dans les réunions de travail importantes et cette application payante est, ou a été, la plus vendue de tous les temps.

À tout point de vue, l’ascension fulgurante d’Angry Birds a semblé être un succès facile.

Mais, tout comme pour Picasso ou Xiaojun, ce qui est visible à première vue cache beaucoup de choses.

Sous la surface

Jetons un coup d’œil au passé de Rovio.

Rovio avait conçu des jeux pendant 8 ans avant de lancer Angry Birds. À cette époque, la société avait créé 51 jeux et aucun n’avait vraiment connu de succès. La société entrevoyait le spectre de la faillite. Même après le lancement d’Angry Birds, les ventes furent lentes à démarrer.

Rovio aurait pu abandonner à de nombreuses occasions.

Cela remet un peu les choses en perspective, n’est-ce pas ?

L’ascension d’Angry Birds – le visible – a été fulgurante, contrairement aux dix années d’échec, d’apprentissage et d’expérimentation – l’invisible.

Le mythe de la réussite facile est dû à une asymétrie d’informations. Nous sommes informés lorsque les gens ou les start-ups se portent bien. Mais, lorsque ces mêmes entreprises se démènent, apprennent, se développent et prennent leur mal en patience, nous n’en entendons pas parler.

Le message à retenir

Vous vous dites : « Super, alors maintenant, au lieu de réussir en claquant des doigts, je vais devoir travailler pendant dix ans pour quelque chose qui risque de ne rien donner. Merci beaucoup. »

Eh bien ce n’est pas tout.

Comprendre que la réussite facile n’arrive qu’après avoir accumulé les petites victoires invisibles nous permet de « façonner » notre quotidien autrement…

Gagner … Ou gagner

À chaque fois que vous démarrez un nouveau projet, créez une situation gagnant-gagnant.

Même si vous ne remportez pas le gros lot (votre propre « Angry Birds »), assurez-vous de toujours tirer profit de tout ce que vous faites.

C’est ce que veut dire l’économiste Nassim Taleb quand il déclare : « Un travail acharné vous permettra d’obtenir un poste de professeur ou une BMW. Si vous voulez obtenir un Booker, un Prix Nobel ou un jet privé, vous devrez travailler et avoir de la chance. »

On apprend de ses échecs.

Si vous tirez parti de vos échecs, vous n’aurez rien perdu.

Charles Chu, Better Humans

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Charles Chu
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