Les investisseurs gagnent à se montrer patients

Rédigé le 11 juillet 2017 par | Investissement Imprimer

Cher lecteur,

« Les corrections de marché sont comme les soins dentaires : on les redoute. On ne veut pas aller chez le dentiste, mais on est content lorsque c’est fait et que l’on se sent mieux. »

— Michael Farr, gestionnaire financier

Je remercie mes amis de Boyar Value Group, à qui je dois cette citation de Farr. Elle figure dans leur newsletter du premier trimestre, qui contient certains conseils opportuns concernant la façon d’aborder les corrections de marché.

Mark Boyar a créé le Boyar Value Group en 1975. C’est un investisseur avisé, pour qui j’ai énormément de respect. Je n’arrête pas de lui dire qu’il devrait écrire un livre. Sa mémoire déborde d’histoires d’investissements qui transformeraient instantanément son livre en classique.

Dans leur dernière newsletter, ils reconnaissent que leurs performances sont inférieures à celles des principaux indices depuis le début de l’année, car ils détiennent énormément de liquidités. Mais une sous-performance à court terme peut souvent faire germer une surperformance à long terme.

Ils font référence à leur expérience, juste avant la crise financière de 2007-2008, époque à laquelle ils détenaient également énormément de liquidités. Cela leur a permis de profiter des excellentes affaires qui se sont présentées lorsque les marchés se sont effondrés.

« En 2007 et 2008, par exemple, CBS s’échangeait au-dessous des 10 $ par action, et Saks Fith Avenue, à moins de 2 $ : ensuite, la valeur de ces deux actions n’a cessé d’augmenter :  plus de cinq fois », écrivent-ils. « Si à ces moments tout est déjà investi, il n’est pas possible de profiter de telles opportunités ».

Les corrections de marché, donc, sont une aubaine pour l’investisseur patient. C’est là que l’on gagne vraiment beaucoup d’argent. Mais cela exige de la patience. La plupart des investisseurs ont souvent du mal à supporter ce qui ressemble à une absence de progression. Ils veulent que leurs actions grimpent tout de suite. Et qu’elles se maintiennent à un niveau élevé. Ils s’apparentent aux enfants participant à cette fameuse expérience des marshmallows, incapables d’attendre plus de cinq minutes pour obtenir deux de ces friandises.

Dans le Club des Créateurs de Richesse, Yann Boutaric fait référence à ce fameux test :

« En psychologie, c’est ce qu’on appelle être sensible à la gratification différée. En d’autres termes, la capacité à faire des sacrifices dans le présent pour obtenir un bénéfice accru dans le futur.

Aux Etats-Unis, le test du Marshmallow, conduit par le psychologue Walter Mischel à l’université de Stanford en 1972, fait foi en la matière.

On donne un Marshmallow à plusieurs enfants en leur expliquant que s’ils attendent une demi-heure sans y toucher, ils en auront un supplémentaire en guise de récompense. Les scientifiques, en confrontant les résultats du test à la réussite de ces enfants quelques années plus tard, ont montré que ceux qui avaient su attendre le deuxième Marshmallow avaient eu plus de succès.

Ils ont reproduit pour la plupart ce trait de caractère tout au long de leur parcours, et ont privilégié le projet à long terme à la récompense à court terme.

Ce choix que les enfants effectuent dans le cadre de ce test, on y est effectivement confronté tout au long de notre existence, à plus grande échelle et dans tous les domaines de notre vie.

Cela se vérifie particulièrement sur le marché des actions. »

Les Boyar donnent deux exemples marquants, illustrant la valeur de la patience :

Le marché ayant connu quelques soubresauts depuis l’élection de Trump, le moment est approprié pour vous rappeler ces choses. Le marché n’a subi aucun recul de 10% depuis février 2016.

Indice S&P 500

cliquez ici ! Source : boursorama

Nous sommes heureux, lorsque les cours baissent, car nous savons que c’est pendant ces périodes que l’on peut acheter à un excellent prix des actions que nous recherchons. C’est ainsi que raisonnent tous les excellents investisseurs, et c’est crucial pour réussir à long terme.

Il n’y a aucune garantie, bien sûr, que chaque correction aboutisse à de nouveaux plus-hauts en peu de temps. Il est toujours possible que la baisse se prolonge, comme lorsque le marché s’est retrouvé divisé par deux, de 2007 à 2009. Même dans ce cas, la patience a payé : le marché a plus que triplé par rapport à ses plus-bas de mars 2009.

Vous pouvez croire un investisseur d’une grande sagesse, qui a vécu de nombreux cycles de marché. Comme l’écrit Boyar : « Rappelez-vous que le plus important, en période de correction, c’est avant tout de ne pas paniquer (et, juste après, de profiter des prix cassés grâce à vos liquidités) ».

Bien à vous,

Chris Mayer

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Chris Mayer
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