L’échec, un tremplin pour rebondir vers la réussite

Rédigé le 16 mai 2017 par | Entreprendre, Progresser constamment Imprimer

Il y a quelques jours, je vous parlais de l’échec comme expérience de laquelle on peut se nourrir. Je rappelais qu’aux Etats-Unis, il était presque mis en valeur, ce qui n’est pas forcément le cas en France.

Régulièrement dans Provoquez votre réussite, Mark Ford insiste sur l’idée qu’il n’y a rien de plus important que de se lancer d’abord, pour régler ensuite la mire.

S’il n’est absolument pas un passage obligé, l’échec peut advenir. Il faut alors, à ce moment-là, savoir rebondir. C’est ce dont nous allons parler aujourd’hui.

Acceptez l’échec

Avant de réussir, vous pouvez faire face à des déconvenues : il peut s’agir par exemple de la fermeture d’une entreprise, d’une éviction ou encore d’un mauvais positionnement. Ce qui est le plus difficile à vivre  n’est pas tant le regard que les autres portent sur nous que la façon dont on vit soi-même l’échec.

Dimitri Pivot, président de l’association Second Souffle, croit en un changement progressif des mentalités :

« Dans les pays anglo-saxons, on voit d’un très bon œil cette capacité à rebondir. Il faut qu’on sorte de cette culture de l’échec ! »

La première étape est bien entendu d’accepter cet échec. Il ne s’agit pas de se lamenter sur son sort mais bien d’admettre qu’on s’est planté ! Cette première étape est très importante car elle permet de mettre des mots sur une situation à laquelle on n’était pas préparé. Le seul fait de verbaliser cette situation permet d’en cerner le contour et d’avancer.

Quand un échec survient, votre premier réflexe est de laisser le doute s’installer. Vous vous demandez si vous avez vraiment choisi la bonne direction, si tel projet mérite vraiment que vous vous y investissiez ou bien encore si vous possédez vraiment les capacités pour y arriver. Ne laissez plus le doute s’installer et agissez !

Élargissez votre réseau

Les difficultés économiques s’accumulent de tous les côtés ? Il est urgent d’ouvrir les yeux et d’adopter les bons comportements pour faire face à l’adversité, se maintenir à flot… et en sortir plus fort.

À ce moment précis, il faudrait avoir le réflexe du mandat ad hoc, procédure préventive et confidentielle de règlement amiable des difficultés, avant que l’entreprise ne se trouve en cessation de paiement. Surtout, ciblez la bonne procédure et faites-vous aider. Cela vous permettra de prendre le recul nécessaire pour cerner vos difficultés et adopter la bonne stratégie. Il n’existe pas de solution standard.

Service gratuit, la médiation du crédit est ouverte à toutes les entreprises, y compris celles soumises à des procédures collectives, dès lors que leurs établissements financiers refusent un financement lié à une activité professionnelle.

Bailleur ou fournisseur, dès qu’un créancier devient virulent, on se rencontre, et on organise un étalement. Même en position délicate, il faut garder confiance : personne n’a intérêt à ce que la relation s’arrête.

Concentrez-vous sur là où vous êtes bon et faites-vous aider pour le reste. C’est là qu’interviennent les collaborateurs, les associés, les organismes d’état, les associations.

Une association comme « Re-créer » se propose de vous apporter un réconfort moral et un soutien pratique. Elle se propose aussi de lever les obstacles concrets au rebond du chef d’entreprise. On peut aussi citer l’association « 60000 rebonds« , fondée par Philippe Rambaud, qui accompagne les chefs d’entreprise post-faillite.

Analysez et tirez des leçons

Il est souvent impossible de faire ce travail seul. C’est pour cette raison que l’intervention de personnes extérieures est nécessaire.

Le CIP ou Centre d’Information sur la Prévention des difficultés des entreprises se propose de « faire connaître les dispositifs prévus par la loi pour prévenir ou traiter les difficultés des entreprises. L’accent est mis sur la Prévention car l’expérience montre que plus les difficultés sont traitées en amont, meilleures sont les chances de les dépasser (…). Il existe des outils permettant de résoudre les difficultés survenues ou à venir : il faut les utiliser. »

Si face à l’adversité il n’existe pas de recette miracle, vous pouvez déployer des stratégies afin de limiter les dégâts puis remonter la pente plus rapidement. Voici quelques pistes :

– Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier

– Ne courez pas deux lièvres à la fois

– N’investissez pas de fonds propres

– Ayez toujours un plan B

 Lorsque vous montez votre business, rien ne vous empêche de rester salarié. Vous conservez une certaine sécurité financière pour la gestion du quotidien. En cas de pépin, il faudra bien continuer à payer les factures. Dans sa série sur l’entrepreneuriat, Mark Ford recommande cette stratégie, celle de « l’entrepreneur anxieux » – qu’il a toujours appliquée.

Si vous renoncez à votre activité salariale pour vous investir tout entier dans votre business, vous opterez pour une assurance chômage volontaire, certes chère mais qui pourra vous éviter de vous retrouver à la rue.

Vous êtes agile, vous repartez

Une fois que tout ce travail est fait, il faut faire comme ceux qui tombent en vélo ou en ski : vite remonter en selle ou retourner sur la piste pour s’y remettre.

Pourquoi ne pas prendre cet adage au pied de la lettre ? Après un échec, et après avoir suivi les quelques étapes décrites plus haut, vous serez plus fort. Vous connaîtrez les pièges dans lesquels il ne faut pas tomber. Vous saurez repérer celles ou ceux qui peuvent vous nuire.

Il ne s’agit pas de se complaire dans son échec ni de recommencer exactement ce qu’on a fait avant, mais de faire mieux.

« L’échec n’est qu’une opportunité de recommencer plus intelligemment » disait Henry Ford.

Lisez pour relativisez. Les ouvrages se multiplient : La joie de l’échec par Faysal Hafidi, Le pouvoir de l’échec de Arnaud Granata, L’échec : premier pas vers la réussite de Claude Grandjean, Les vertus de l’échec de Charles Pépin.

L’échec n’est pas une obligation et encore moins une fatalité. Être entrepreneur, c’est avoir des choses à régler à peu près tous les jours, mais si vous dépassez cette considération, vous comprenez que ce qui compte c’est de rester enthousiaste, de croire en un avenir économique meilleur.

Croyez en vous. Anne Dassier

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Anne Dassier
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