Ne cherchez pas à m’impressionner. Et, par pitié, ne dites pas de bêtises !

Rédigé le 17 février 2017 par | Mark Ford, Progresser constamment Imprimer

Il m’avait été chaudement recommandé. Alors, quand je l’ai appelé, je m’attendais à parler à un type plein d’audace, à qui on a envie de confier des responsabilités. Au lieu de ça, voici ce que j’ai entendu :

« J’ai pris part dans les décisions stratégiques de diverses entreprises de communication depuis 25 ans. Dans ce cadre, j’ai mis à contribution mes compétences fondamentales, telles que la construction de l’image de marque et la coordination entre les différents responsables. »

Ce à quoi j’ai répondu : « Hein ? »

Il a poursuivi…

« Je me suis toujours basé sur ce paradigme selon lequel l’exigence de qualité et un leadership dynamique sont essentiels dans le contexte de globalisation économique actuel, et c’est ce que j’apporte à toute organisation pour laquelle je suis amené à travailler. »

« Donc », ai-je dit, « qu’est-ce que vous avez fait exactement pendant toutes ces années ? »

Il y a eu un moment de silence durant lequel je pouvais presque entendre sa déception. Il devait penser, « Avec quel genre d’idiot je suis en train de parler ? »

De mon côté, j’en étais déjà arrivé à la conclusion suivante le concernant : ce type était un imposteur.

En temps normal, j’aurais prétexté une urgence pour raccrocher le téléphone. Mais étant donné qu’un collègue m’avait si bien parlé de lui, je n’ai pas suivi mon instinct et j’ai poursuivi la discussion. Et j’ai eu ce que je méritais :

« Apporter ma contribution aux résultats de l’entreprise et optimiser ses bénéfices sont des objectifs qui me parlent. »

« C’est bon », me disais-je. « Je ne veux pas en entendre plus. »

« Je suis vraiment désolé, mais je vais devoir raccrocher pour traiter un dossier en urgence. J’ai vraiment apprécié cet entretien téléphonique, je regarderai votre CV et ne manquerai pas de revenir vers vous si j’ai quelque chose qui semble correspondre à votre profil. »

Et en disant cela, j’ai dit au revoir à cet homme et à toutes ses chances de faire un jour du business avec moi.

Les trois erreurs à ne pas commettre

Dans leur livre Why Business People Speak Like Idiots (Pourquoi les hommes d’affaires parlent comme des idiots), les auteurs Fugere, Hardaway et Warshawsky affirment qu’il y a trois raisons pour lesquelles on entend trop ce genre d’absurdités dans le milieu des affaires :

1 – Ils restent centrés sur eux-mêmes plutôt que sur leurs interlocuteurs. « Lorsque quelqu’un s’exprime et que la confusion prend le dessus, c’est souvent parce que le but est d’impressionner et non pas d’informer. »

2 – Ils ont peur du langage concret. Ils se rendent compte que lorsqu’ils disent exactement ce qu’ils pensent, cela deviendra ensuite difficile de tenir leurs engagements. « Les responsabilités nous effraient, alors nous usons de phrases interminables pour donner notre avis sur un sujet donné, et nous préférons parler des conditions météorologiques ou des nombreuses raisons pour lesquelles nous ne pouvons pas encore prendre de décision.

3 – Ils cherchent à enjoliver – voire romancer – leurs idées et leurs actes par peur de ne pas impressionner. Ils le font en usant d’un langage raffiné qui masque une vérité trop banale.

Ils ont peur de paraître ordinaire. Ils tentent alors d’embobiner tous leurs interlocuteurs – particulièrement ceux qui ont du pouvoir.

C’est une très mauvaise stratégie.

Dans un entretien d’embauche, cela rend le candidat prétentieux et superficiel – deux traits de caractère que tout employeur veut éviter.

Voici ce que je vous recommande

Lorsqu’on postule pour un job, seules deux choses comptent vraiment : ce que vous savez faire (vos compétences) et qui vous êtes (votre intégrité).

Faire semblant de savoir des choses que vous ne savez pas est une perte de temps. On s’en rendra vite compte. Et être mis à la porte après seulement quelques semaines, c’est embarrassant… c’est aussi un accident fâcheux dans votre parcours professionnel.

En étant honnête dès le début, vous mettrez votre personnalité en avant. Soyez sincère à propos de ce que vous savez et de ce que vous avez fait. Mais faites bien comprendre que vous avez toute confiance en votre capacité à vite assimiler ce qu’on vous demande.

En vous accordant un entretien, votre futur employeur souhaite découvrir si vous serez capable de répondre aux problèmes qu’il rencontre actuellement et si vous pourrez contribuer au développement de son entreprise.

Il ne cherche pas à être impressionné. Il cherche quelqu’un qui puisse lui rendre la vie plus facile en faisant du bon boulot. Votre boulot durant cet entretien, c’est de montrer que vous êtes cette personne.

Et la première règle pour bien vous vendre, c’est de vous assurer que vous pouvez vous appuyer sur ces bases :

Généralement, il s’agit de l’une des choses suivantes : le marketing, la vente, la capacité à créer des produits à succès, la gestion du risque ou la gestion des profits.

Mais comment devez-vous vous y prendre ?

Avant l’entretien, renseignez-vous en détails sur l’entreprise. Et il ne s’agit pas seulement de savoir quels sont les types de produits qu’elle vend et de connaître sa mission – ce sont des choses que vous pouvez trouver sur la page d’accueil de leur site Internet et ce n’est pas suffisant. Vous devez creuser davantage.

Vous devez comprendre pourquoi leurs produits sont uniques (s’ils le sont), quels consommateurs sont ciblés, quels sont les types d’offre qu’ils utilisent, quels sont les médias qu’ils privilégient, etc.

Ce dont vous avez besoin est d’un aperçu des caractéristiques de base de l’entreprise – une vision de l’intérieur des stratégies qu’elle utilise pour se développer et prospérer chaque année.

Et pendant que vous effectuez ces recherches, vous devez réfléchir aux obstacles auxquels elle pourrait faire face. Parce que résoudre ces problèmes sera d’une façon ou d’une autre ce qu’on va vous demander – si jamais vous êtes engagé.

Si vous parvenez à mener l’enquête de votre côté, c’est génial. Mais si cela n’est pas possible, il n’y a aucune raison de ne pas les appeler. Demandez à la personne avec qui vous êtes censé vous entretenir où est-ce que vous pouvez trouver davantage d’informations sur l’entreprise. S’il est à la recherche d’un employé « superstar » (ce qui devrait toujours être le cas), il sera agréablement surpris du temps que vous consacrez à la préparation de l’entretien.

Pour résumer : Lorsqu’il y a un job à la clé, l’échange doit permettre de préciser de quelle manière vous pouvez résoudre les problèmes existants et dans quelles mesures vous pouvez permettre à votre nouvel employeur de générer des bénéfices…  Et non pas de démontrer à quel point vous avez été formidable dans le passé (ou à quel point vous pensez l’avoir été).

Au sein du Club des Créateurs de Richesse, je consacre une série entière à ce que j’appelle « l’Intrapreneuriat », dans laquelle je vous montre comment trouver les opportunités qui vous correspondent vraiment – et qui vous permettent d’évoluer rapidement, comment devenir indispensable auprès de votre entreprise et comment demander une augmentation ou une promotion.

Mark Ford

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Mark Ford
Mark Ford
Rédacteur en chef du Club des Créateurs de Richesse

« Je m’appelle Mark Ford et suis un millionnaire autodidacte. Je suis né à Brooklyn, à New York, où je vivais dans un minuscule appartement avec mes parents et mes trois frères et sœurs. Mon père était professeur de lycée, il gagnait environ 10 000 dollars par an…

J’ai rejoint le bénévolat (Peace Corps) quand j’étais un jeune homme… j’ai dormi sur des sols boueux dans des huttes africaines… et lorsque mon premier enfant est né, je gagnais moins de 9 000 euros par an. J’ai réalisé que quelque chose devait changer. Et c’est à ce moment que j’ai décidé de gagner sérieusement ma vie.

Depuis mon adolescence “rêveuse”, j’ai passé 39 ans à étudier et pratiquer les secrets pour devenir financièrement indépendant.

J’ai commencé avec le business des services, les toitures, la pose de piscine, la peinture en bâtiment. Ensuite j’ai évolué vers les restaurants, clubs de santé, clubs d’arts martiaux, deux agences de voyage et deux galeries d’art.

En fait, j’ai lancé des business dans tous les secteurs que vous pouvez imaginer – et j’ai collaboré dans bien plus encore. A la fin, mes clients me payaient jusqu’à 2 000 dollars l’heure pour que je les conseille sur leur business – et c’était justifié puisqu’une seule de mes idées pouvait transformer leur entreprise à la peine en entreprise à succès.

Aujourd’hui, je dispose de 50 millions d’euros…

Mais j’ai toujours eu une passion : enseigner. C’est à cela que j’aime passer du temps en ce moment : apprendre aux gens à devenir riche (j’ai beaucoup de chance : je n’aurais plus jamais à me soucier de l’argent désormais, et je peux me permettre de me consacrer aux projets qui m’intéressent).

Il y a des gens qui écrivent leurs Mémoires lorsqu’ils arrivent à l’âge de la retraite. D’autres se lancent dans des activités philanthropiques… Pas moi…

Je veux être reconnu pour avoir aidé un maximum de gens à devenir riche. C’est ce que j’aime faire. Et j’en ai déjà aidé des dizaines, si ce n’est des centaines durant toute ma carrière.

Mais maintenant que je me dirige vers l’âge de la retraite, j’ai décidé de me consacrer entièrement à cela pour le reste de mes jours en créant le Wealth Builder Club (Club des Créateurs de Richesse). Je transmets aujourd’hui toute mon expérience et mon savoir-faire aux membres de mon club qui sont de plus en plus nombreux et qui viennent du monde entier. Je les aide à bâtir leur fortune.

J’en suis fier. Cela fait aussi de moi un retraité heureux, qui se sent utile aux autres. »